Crédit immobilier : les primo-accédants réintègrent le marché.

Écartés du marché immobilier en 2013, les primo-accédants passent à l’action en ce début d’année. Devenir propriétaire de son logement reste la priorité de la grande majorité des foyers français. Pour les jeunes et les familles modestes, la crise économique a mis un frein à leurs ambitions. Il semblerait qu’on assiste depuis peu au retour de cette clientèle sur le marché. Leur pouvoir d’achat reste faible. Les conditions d’accès au crédit auraient-elles évolué ?

Les banques ont resserré les conditions d’accès au crédit depuis fin 2008. La crise économique et financière a réduit à néant la prise de risque, les banques françaises étant par ailleurs connues pour avoir une gestion saine du crédit aux particuliers. Les primo-accédants, ceux qui par nature, ont peu d’apport personnel et des revenus modestes, sont restés en marge du marché.

New house owner

Emprunter moins plus longtemps

Aujourd’hui, les banques lâchent du leste en assouplissant quelque peu leurs critères pour les premiers achats. La notion d’apport personnel reste prioritaire, car elle témoigne de la capacité à épargner. Les banques demandaient un minimum de 20% d’apport personnel il y a peu, aujourd’hui nombreuses sont celles à accepter, selon le courtier Meilleurtaux, de financer un projet avec 10% d’apport personnel et d’allonger la durée de crédit. D’une marnière plus marginale, le financement avec zéro apport personnel est désormais une possibilité, tout dépend de la solidité du dossier. Les prêts à 25 ans et plus ne sont plus rares : selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA, les crédits sur plus de 25 ans représentaient 17% de la production en décembre dernier.

Le courtier Cafpi observe que, si les primo-accédants sont de retour, ils empruntent moins sur une durée plus longue. Signe d’une capacité d’adaptation, plutôt qu’attendre un net retournement. Les primo-accédants empruntent en moyenne 164 067€ sur 237 mois (4,9 années de revenus) ; tous emprunteurs confondus, la moyenne est de 181 419€ sur 200 mois (3,77 années de revenus). Moteur du marché, les taux d’intérêts. Ceux-ci maintiennent un niveau exceptionnellement bas : taux moyen de 3,50% sur 20 ans, 3,95% sur 25 ans, soit le niveau d’il y a un an.

PTZ+

Grâce aux aides financières publiques, les primo-accédants peuvent acheter du neuf. Le PTZ+ permet en effet un coup de pouce très substantiel pour les plus modestes (44 200€ en zone B1 pour un couple avec un enfant). Cette aide peut également financer un logement ancien à condition de réaliser des travaux importants l’assimilant à un logement neuf. Un cas de figure presque inexistant chez les primo-accédants au budget très serré. Le prix est bien entendu le premier critère de décision pour les primo-accédants : environ 20% plus cher que l’ancien, le neuf progresse moins vite que l’ancien pour ce type de clientèle.

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Hausse des droits de mutation

La hausse des droits de mutation en janvier risque de briser cette relative embellie. Les premiers touchés seront les primo-accédants. Pour les plus fragiles, rajouter jusqu’à 1 000€ peut faire échouer un plan de financement déjà très juste. L’impact de cette hausse pourrait toutefois être limitée si les prix continuent de baisser en 2014 (entre 3% et 4% d’après les experts).